samedi 16 août 2014

Pourquoi la mode ne veut pas attendre ?

Alison Mosshart

La mode, et l'industrie du prêt-à-porter, créent des nouveautés tous les jours des nouvelles tendances et pièces à adopter "absolument". La facilité d'acheter rend l'attente de plus en plus difficile pour les consommatrices que nous sommes, installant un climat de frénésie acheteuse parfois incontrôlable dans les pires des cas. Revenons sur la consommation des vêtements hier et aujourd'hui, et retrouvons l'intérêt d'attendre avant d'acheter.

Dans cet article je m'attacherai à montrer pourquoi l'industrie du prêt-à-porter ne veut pas que nous attendions, et ses outils. Et demain, je vous proposerai des méthodes pour acheter "intelligent" et profiter de cette attente :-)



Le Bonheur des Dames

Si vous avez lu le chef-d'oeuvre d'Emile Zola, vous avez pu comprendre (et être spectateur, grâce aux sublimes descriptions) le passage d'un magasin où on commande le nécessaire qui est parfaitement coupé et sur mesure, au prêt-à-porter (et à acheter).
L'offre abondante de produits, mais surtout sa visibilité, inonde le client de nouvelles envies. Sans les voir, on ne connaîtrait pas nécessairement leur existence, tout simplement! Le jeu pour le magasin est justement de transformer cette envie, en besoin, et de rendre l'achat indispensable.

De plus, la vente en masse et le prêt-à-porter remplaçant le sur-mesure permettent une conséquente baisse des prix, augmentant le pouvoir d'achat de clients qui n'avaient pas toujours les moyens d'acquérir de belles pièces. D'un côté, c'est l'aubaine pour les familles les moins aisées; de l'autre, c'est tenter le diable et préférer quantité à qualité...


L'auteur appuie sur l'investissement comme clé d'un style cohérent et élégant. La blogueuse Dead Fleurette, qui est un exemple de dressing minimal et style, nous invite à voir combien cet article est toujours d'actualité.

Bea est l'auteur du blog Zero Waste Home, véritable succès lifestyle écolo et chic à la fois. Son dressing est très réduit, composé de pièces achetées dans des magasins de seconde main pendant ses sessions shopping limitées à DEUX par ANNÉE; et pourtant son style est élégant et toujours impeccable!

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Dans ce nouveau monde si rapide, victimes des images et des Newsletters quotidiennes aux titres alléchants, difficile d'attendre !



Les nouveaux ennemis de l'attente : internet

  • L'onglet "nouveautés" des e-shop

Admirez ma maîtrise de Paint
Mais si, je suis certaine que vous le connaissez vous aussi, sur les e-shop de Zara, P&B, H&M, etc... (Tous en fait?). L'onglet ou la rubrique "nouveautés", qui pousse à cliquer pour voir les pièces les plus "fraîches" de la cuvée de la saison !

Pourquoi cet onglet est si attirant?
Sans doute parce qu'il joue sur l'exclusivité, la nouveauté, et l'impression pour la cliente d'être "la première" à acquérir l'objet le plus neuf et le plus tendance avant tout le monde!
Quand on achète un article des nouveautés, on se sent tout de suite plus "prescriptrice" et il est facile d'imaginer que si d'autres l'achètent, on reste quand même "celle qui a vu le potentiel du produit". En plus, on sait bien que dans les enseignes de fast-fashion, si on ne l'achète pas "quand on le voit", il est parfois difficile de remettre la main dessus... On joue sur la peur!
Au niveau de l'estime de soi, on est au top, on cède allègrement à la tentation et on évite la frustration!

Points négatifs : pas de promotion, un prix "plein pot", impossible d'essayer avant réception, perte de temps si retour, frais de port pour certains sites, qualité qui laisse souvent à désirer dans les enseignes citées...

La solution : attendre d'aller en magasin pour essayer, profiter des photos produits pour réfléchir à ce qu'on pourrait porter avec l'article, à quelle occasion, regarder son compte en banque et si l'article rentre dans son budget. Et surtout : éviter de cliquer sur le lien nouveautés :-)


  • Promotions et ventes privées

Promo(d)

Oh, la bonne affaire! Sur le Front-Row, on essaie de résister en partageant nos trouvailles. Ce n'est pas toujours facile de ne pas céder devant des prix bradés et l'offre quotidienne des sites comme Vente Privée, Bazarchic, Zalando privé...
Les Newsletters avec les codes promo, offres "personnalisées", ou pire : les mails "votre panier attend toujours, voici un code pour les frais de port gratuits"..! Ils sont partout! Vous aussi, vous avez vu vos articles repérés sur La Redoute tournoyer dans un bandeau publicitaire? Quel calvaire (j'exagère, ok).

Tout le monde aime faire une bonne affaire, et quel plaisir de pouvoir dire "ah ben oui, c'est un beau sac, mais je l'ai payé 1/4 du prix en plus". Mais on ne peut pas tout repérer et essayer en avance! 
Dans certains cas, les ventes privées sont l'occasion de démontrer la force de l'attente (j'ai acheté un foulard Claudie Pierlot 6 mois après l'avoir repéré, essayé, et laissé aux soldes; pour 30% du prix : le prix que "j'y aurais mis à la base", et un basique que j'adore). Mais soyons honnêtes, il est rare de retrouver les belles pièces, sa taille exactement, et ne pas s'énerver devant la touche F5 pendant 3h sur Vente Privée pour choper "les boots Isabel Marant à -60% si si si promis je vais les avoir je le sais!!".

Les bonnes affaires, pourquoi sont-elles là?
Bien sûr, la production en masse est parfois un peu optimiste et il reste des stocks à écouler. Mais justement: ce sont rarement les plus jolis articles qui y sont, et il ne reste pas toutes les tailles (frustration!). De plus, c'est du hors saison la plupart du temps. Acheter un manteau en mai? Cette année ça pourrait être utile, certes, mais tout de même! Il faut privilégier les intemporels et repérages ratés en soldes si on achète, et pas "le top sympa que j'avais jamais vu ou essayé mais bon il est à -70%". S'ensuivent l'attente, l'essayage, parfois le retour, ou souvent la revente puisque l'achat n'était pas si réfléchi..!

Points négatifs : expédition pas toujours immédiate, prix compétitifs mais parfois ce sont des retours clients, retour possible grâce à la loi mais remboursement souvent long, impossibilité d'échanger, articles hors saison...

La solution : se désinscrire des Newsletters, au risque de louper "l'affaire du siècle" (en plus, c'est un geste écolo, chaque mail produisant une marque carbone!), installer Adblock+ (gratuit), supprimer ses alertes sur les sites de ventes privées (alertes marques par exemple) voire supprimer ses comptes.

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Qu'est ce qui nous pousse à l'achat?

  • Il est urgent de se faire plaisir : l'idée de compensation

La publicité de Showroom Privé

    La publicité aujourd'hui (ci-dessus, Showroom Privé) joue complètement sur l'idée du mérite et de la compensation. Cette idée du plaisir immédiat rendrait presque anormal le fait de résister puisque "l'argent sert à être dépensé"...

    Je me sens moche = je vais dans une parfumerie (et je suis bien vulnérable devant les propositions de crèmes et blushs miracle)
    Je me sens grosse = je vais acheter des chaussures (pas de question de taille... C'est trop facile!)
    Je me sens mal fringuée = je vais m'acheter une nouvelle blouse tiens, ça me fera du bien (quelque chose de visible par tous, le petit top qui donne bonne mine...)

    Pas sûre que ces achats soient vraiment bénéfiques: ils nous maintiennent dans une position infantile (tu pleures? Voilà un bonbon) et resteront associés à la mauvaise journée passée. C'est juste quelque chose pour compenser mais la source du mal-être n'est pas à trouver dans un vêtement : impossible de le résoudre par un vêtement (ça sera momentané, à l'instant du passage en caisse).
    Et si le shopping se passe mal? Quand on essaye un camion entier de vêtements et que rien ne va, pas de plaisir. Du coup si on finit par acheter quelque chose, c'est par dépit: encore pire!

    En bref: céder à la tentation dans l'idée de compenser une mauvaise journée n'est bien souvent que source de regrets. (Surtout quand on a pas l'argent - mais ça, c'est un autre sujet, un article est prévu!). Prenez soin de vous, allez boire un bon thé, discutez avec des amis - cela sera un bien meilleur passe-temps :-)


    • La peur

    Maman, j'ai raté les soldes

    Comme je le rappelais plus haut, dans les enseignes de fast-fashion, nous sommes habituées à ce constat: tout va très vite. Si on n'achète pas tout de suite l'article en sa taille, le lendemain, il n'y est plus, pas de stock, réserves vides (c'est ce qu'on veut bien nous faire croire..!). Sur le site : "indisponible", "sold out".
    Dans la publicité de Showroom Privé, c'est "l'urgence" de se faire plaisir qui suppose le risque et le temps limité pour "profiter" de la disponibilité des vêtements. À l'inverse de la valorisation du plaisir de l'achat, c'est la peur de la frustration et du manque qui est exacerbée.

    Sur Vente-privée, dès 7h du matin, tout le monde joue des coudes pour avoir les dernières tailles (quite à remplir son panier pour trier ensuite). Les ventes Mellow Yellow et Comptoir des Cotonniers sont bien prévues pour 3-7jours mais durent rarement plus d'1h en réalité (en matière de stocks)!

    Il faut essayer de se souvenir pourquoi, quand la collection était "en cours" / actuelle, il n'y a pas eu repérage et craquage. Matière nulle, coupe qui laisse à désirer, ne va avec rien... Si à l'époque cela ne vous a pas plu, il n'y a pas de raison pour que ce soit le cas aujourd'hui.

    Et quand il s'agit de la collection en cours, qu'est ce qui vous pousse à acheter? Le petit prix, le fait qu'il ne reste qu'une seule taille? La peur de manquer, du "au cas où", gouverne la raison à ce moment-là, et c'est l'impulsion d'achat qui gagne. Sortez sans carte bleue, essayez, faites des photos, et rentrez réfléchir. Avec les e-shops et les nombreux magasins, si vraiment l'article est une "bonne affaire" (et par là j'entends : utile, beau, confortable, durable, complémentaire à votre dressing), vous le retrouverez.
    Et au pire : il y en a aura d'autres!

    ***

    Pourquoi nous pousse-t-on à l'achat?
    Coucou les bouloches

    C'est dans l'intérêt des enseignes à bas prix / fast-fashion que de vendre des vêtements médiocres en termes de qualité (mais désirables en matière de style et mode!).

    Pensez à la durée de vie des vêtements que vous y achetez, car ils induisent souvent un nouvel achat quelques semaines plus tard (on ne peut pas parler d' "obsolescence programmée" pour les vêtements mais malgré tout, la qualité est souvent assez médiocre et ne supporte pas plus d'une dizaine de lavages). 

    Coutures qui tournent, bouloches, fils tirés... Pour ces enseignes, tout l'intérêt est d'offrir des articles désirables, peu chers, que nous pouvons acheter instantanément sans culpabilité ; et que nous revenions pour y retrouver toujours des choses nouvelles (et remplacer ce qui s'est usé si vite)!

    C'est bien simple : pour faire du profit, il faut vendre beaucoup et avec une bonne marge. Pour faire la meilleure marge possible, le meilleur moyen reste de facturer la fabrication au moins cher, ce qui, a nécessairement un impact sur la qualité (coût des matières et de la main d'oeuvre). Je ne parle pas en plus de l'impact écologique de l'import de vêtements depuis le Bangladesh ou la Chine...
    Pour vendre beaucoup, il faut fixer un prix qui, pour le client, est attractif, donc pas trop cher (ce qui est cher nécessite de la réflexion), mais pas discount non plus car l'image du produit en serait altérée (quelque chose de vraiment trop peu cher serait vu comme, justement, "de mauvaise qualité"!).


    On s'habitue au manque de qualité, à la fréquence des achats, de toute façon, ce n'est pas cher. Mais au final, combien de tee-shirts usés ont été jetés en une année? Combien d'argent lancé par les fenêtres? La qualité n'est pas forcément très coûteuse (tout comme les matières fragiles peuvent l'être), mais il faut savoir où la trouver.

    Les témoignages sont nombreux sur internet, et pas que pour les enseignes "abordables", chez Ba&sh et Comptoir aussi il y a des défauts...

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    Je ferai un point sur les matières (avec avantages et inconvénients) et les enseignes (ce qui est bon à prendre, ou pas - car tout n'est pas à jeter!), n'hésitez pas à vous inscrire pour ne pas rater un article (Hellocoton, Instagram et Facebook) !


    Rendez-vous demain pour savoir comment attendre et acheter intelligemment !

    8 commentaires:

    1. Un article très intéressant ! J essaie d acheter mieux, mais je me retrouve encore dans certzines des situations dont tu parles... mais j'ai réussi à ne pas faire de mauvais achats dans les soldes cette année en cédant à une réduction intéressante sur un vêtement moyen ! Pour ton foulard Claudie Pierlot, j ai vécu la même chose avec leur perfecto de cet été qui me faisait de l oeil mais trop cher même à -50%, trouvé à 80 euro tout neuf sur LeBonCoin...peut être un futur article sur le dénichage de bonnes affaires sur ebay et cie ? C est quand même une de tes spécialités !

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      1. Merci Anaïs Nin pour ton commentaire!
        Tu as fait de très beaux achats pour ces soldes oui! Et c'est vrai que tu achètes moins aussi ;-)
        Je ferai un guide sur les différentes façons d'acheter de 2nde main je pense en effet, car ça reste un moyen d'acheter moins cher (et de revendre) ET c'est un geste écolo puisqu'il s'agit de réutiliser et donner une seconde vie aux vêtements :-)

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    2. Pour moi l'onglet nouveautés sur les sites ne me donne pas envie d'acheter plus rapidement mais de voir quelles sont les nouvelles pièces par rapport au reste du site que j'aurais déja parcouru. J'achète plutôt en magasin que sur le net et c'est rare que je me rue sur qqch (sauf peut-être le nouveau gilet h&m tout doudoux :p)

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      1. En fait, ce qui me dérange dans les onglets "nouveautés", c'est qu'il installe chez nous comme un "réflexe" de connaître la collection + actualiser ses "connaissances" alors que normalement, il y a 4 à 8 collections dans l'année (1 ou 2 par saison, ce qui fait déjà beaucoup). C'est vraiment un onglet qui illustre le phénomène de la fast-fashion, c'est-à-dire la fabrication et la vente tous les jours de nouveaux articles pour nous inonder de nouveautés :-/
        Après, il ne force pas nécessairement à acheter, c'est clair! Après chez certaines, il y a quand même ce côté d'être "la première" :-)

        Acheter en magasin c'est le mieux pour faire son choix et ne pas dépenser "d'avance" sans savoir si l'article va convenir ou pas :-)

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    3. J'ai du mal à attendre pour des fringues c'est fou ! Alors j'ai mis au point quelques "trucs". Désabonnement de newsletters de certaines marques, je ne vais plus sur Vente privées ni aucun site privé (fausse économie car achat au final de trucs "en plus"). Je ne vais jamais (ou quasi jamais) chez des enseignes fast fashion sauf pour qq trucs précis (Camaieu pour certains vêtements d'été qui tiennent bien, Pimkie et ses tops nickel pour mettre en-dessous de mes hauts, HM et les chaussettes...) et je les évite encore plus quand je suis "vulnérable". Je n'y parviens pas toujours, exemple: fin de mois, grosse envie de me faire plaisir mais plus trop trop de sous. Ceci dit, es repérages plus chers que j'ai en tête peuvent aider (si j'évite d'acheter cette blouse à 30€ c'est tjs 30€ d'économisés pour cette blouse à plus de 100...)

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      1. Les ventes privées c'est exactement ça! J'y pensais hier devant le méga bon plan Tati où j'ai failli craquer mais bon, aucun repérage de la saison à venir n'en faisait partie hi hi.
        C'est bien d'arriver à garder en tête les "objectifs" de la liste "parfaite"! ça permet de ne pas trop s'éparpiller en mini-coups de coeur inutiles..

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    4. J'espère que ce blog est toujours mis à jour car je le trouve vraiment excellent, je viens de passer quelques heures à le parcourir.

      Je n'avais pas encore lu Au Bonheur des Dames, tiens, il faudra que je voie ça. Mais ça me fait aussi penser au film de Kurosawa, Entre le Ciel et l'Enfer, où le film pose l'éthique totalement inébranlable du protagoniste, le PDG d'une marque de chaussures, à travers son refus de se mettre à vendre des chaussures de mauvaise qualité. Il a quasiment le choix entre payer la ranson du fils kidnappé de son chauffeur, ou garder le contrôle de son entreprise au lieu de la laisser à ses collègues peu scrupuleux. Il date de 1963 (et bon, Zola de bien avant encore), donc la question n'est pas nouvelle.

      Mais, moi le truc qui me frappe sur les sites de vente en ligne, après m'être imposée plusieurs mois sans rien acheter (et à vrai dire c'est autant mon budget qui a pris la décision que moi), c'est que les produits restent plus longtemps disponibles sur Videdressing, alors que j'aurais vraiment cru le contraire. Sur les sites du style Asos ou Zalando, on n'a pas le temps de prendre une décision, ils partent quasi tout de suite. C'est pire pendant les soldes. Du coup je ne sais pas combien de fois j'ai eu un coup de coeur, je me garde le lien sur Pinterest pour plus tard quand j'aurai de l'argent, et trois jours plus tard, il n'est plus dispo. Et au final, c'est toujours remplaçable par autre chose, voire rien, ça répond à un besoin qui s'est créé en voyant la pièce. Mais ce qui est vraiment frappant, c'est qu'en comparaison, y a des pièces que je vois sur Videdressing depuis près de six mois, qui sont toujours là, pourtant on croirait que c'est elles qui partiraient vite, vu qu'elles sont uniques.

      Je dois dire aussi que je beugue pas mal sur les marques "éthiques", mis à part tout ce lin beige à 100€ la pièce (celles qui font de jolies choses sont encore trois fois plus chères), parce que si demain il n'y avait plus de sweatshops, elles n'auraient finalement plus d'argument de vente. Ce qu'il faut, c'est que les marques du style H&M, Zara, etc. ne puissent plus fonctionner comme elles le font. Parce que, je lis souvent que c'est les consommatrices qui peuvent y changer quelque chose. Mais franchement, quand je mets les pieds chez Zara ou Mango, c'est pas un sentiment de pouvoir que j'ai, c'est la sensation d'être tiraillée dans tous les sens. Mais quand je vois une marque éthique, ça me fait miroiter non seulement des fringues que je ne peux pas m'offrir , mais ça met aussi un certain prix sur le fait de garder les mains propres, en sachant pertinemment que les sweatshops continuent à exister, mais bon, les responsables pour ça, ce serait les consommatrices qui "ne veulent pas faire un effort", c'est-à-dire ne peuvent pas débourser une grosse partie de leurs allocs ou de leur salaire pour un pull. Comme quoi, là aussi, faudrait peut-être revisiter Zola.

      Je pense que, parce que les fringues, même si on en a besoin, ça a une image relativement frivole, c'est très facile de nous faire accepter une certaine culpabilité, surtout que ça engage aussi notre apparence physique: plein de choses très sensibles. Pour l'instant, je n'ai rien trouvé de mieux que d'écouter mon côté "boucle d'or" et de ne prendre que les fringues qui conviennent réellement, et là y a pas vraiment de technique à apprendre, sauf celle de sortir du magasin les mains vides 99 fois sur 100, et apprendre vraiment à utiliser ce qu'on a dans sa penderie.

      Et bon, c'est vrai que tous nos grands-parents ont dit à un moment qu'on ne peut pas se permettre d'acheter une paire de chaussures bon marché. Mais c'est vrai aussi que le monde a bien changé depuis 1930: l'idée reste bonne, mais la possibilité de l'exécuter, c'est vraiment pas évident.

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      1. Bonjour Anonyme et merci pour ce commentaire (et pour la lecture attentive!).

        Ce mot m'a bien fait réfléchir, notamment vis-à-vis des marques éthiques et de leurs arguments de vente (le côté moral, une "bonne intention" très vendeuse du coup).
        Il faudrait que je me penche plus sur cela, et il est vrai que je voulais aussi faire un article sur le choix de l'achat d'occasion, puisque tu parles aussi de VideDressing.

        En ce qui concerne ce blog, le rythme de publication s'est un peu essoufflé (et j'ai supprimé certains articles que je jugeais un peu inutiles - le tri jusqu'au bout!). Mais je ne le ferme pas. J'ai toujours quelques idées mais moins de temps à y consacrer depuis les débuts beaucoup plus "actifs".

        Bref, merci encore pour ce commentaire qui fait à nouveau réfléchir sur la nécessité pour le commerce de jouer sur des cordes essentiellement "négatives", de culpabilité (le manque, ne pas "savoir" se faire plaisir, ne jamais arriver à "bien choisir", le sentiment d'être "dépassé" par les tendances...).

        Mes excuses pour la publication et réponse tardive (le commentaire datant du 12 juillet et nous sommes déjà le 22).

        à bientôt sans doute :-)

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